Franck et Émilie vivent ensemble depuis huit ans. Des liens tendres et charnels les unissent.

Émilie a abandonné son travail d'enseignante pour rédiger une thèse sur Calwin Donnell, auteur mythique de romans noirs.

Tous les ans de prestigieux  universitaires organisent des journées d'étude consacrées à ce romancier culte, et cette année là, Émilie est chargée de préparer le colloque sur une île perdue des Hébrides, en Écosse. Connell a vécu seul sur cette île battue par les vents, pendant 20 ans, avant de disparaître de façon mystérieuse, son corps n'a jamais été retrouvé.

Franck qui a rejoint Émilie, se sent totalement étranger à ce milieu (Alice Zeniter, normalienne qui enseigne à la Sorbonne, décrit avec une cocasserie ironique les travers d'une certaine catégorie d'universitaires) et son malaise grandira lorsque Émilie le présentera comme un « docteur » et non pas comme l'infirmier qu'il est, très attaché à son métier. Et surtout, il va percevoir qu' Émilie voue une passion dévorante à Donnell, passion intellectuelle qui s'interpose de plus en plus entre eux. 

Franck, personnage attachant et sensible, est au centre du roman. C'est lui qui découvrira de quelle façon Calwin Donnell est mort,  grâce aux révélations du gardien de l'île, être névrosé et taciturne qu'il parvient à apprivoiser.

Interrogation subtile sur l'amour et son évolution, sur la fin d'un amour dont les causes apparentes camouflent souvent les causes véritables.

 

Écriture brillante, récit profond, analyse subtile des sentiments : ce livre méritait de faire partie des goncourables.

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