Richard, 17 ans, est atteint d'un cancer en phase terminale, et vient d'entrer dans un service de soins palliatifs.

Non, ne fuyez pas en proclamant que, jamais, vous ne pourrez entrer dans un récit aussi dramatique, qui ne peut que sombrer dans le pathos, et soulever une révolte convenue. J'ai eu cette réaction lorsqu'une amie, bibliothécaire m'a recommandé   « Dieu me déteste ».

Mais dans ce livre, paradoxalement, ce n'est pas la mort qui est omniprésente, mais la vie, et elle palpite. L'écriture et le style sont légers, reflétant bien l'état d'esprit d'un ado tendre et intelligent, insolent et pas toujours docile. Richard ironise sur son sort en décrétant qu'il est atteint d'une DMD ( Dieu Me Déteste ), et il sait qu'il ne gagnera pas contre la mort ; mais il l'accepte, et pour lui maintenant ce qui importe, c'est de vivre intensément chaque instant, et surtout, de réaliser le projet de tout adolescent : connaître l'amour charnel.

Bien sûr il y a des montées d'émotion, où, la gorge serrée, vous essaierez de lutter contre les larmes, mais lors de ces moments, savamment dosés, l'auteure  renverse la situation avec vivacité, introduisant une situation ou une remarque pleine d'humour  qui nous rappelle que Richard, jusqu'au bout, est là, bien vivant.

La scène finale, où l'ado joue symboliquement son destin au poker avec le père de Sylvie, « la jolie fille de la chambre 302 »,  est d'une créativité sublime.

Ce livre est aussi un bel hommage aux soignants des services de soins palliatifs.   

Dieu me deteste